critique
Chroniques Disques: "DUALISMUS"
NORMAND GUILBEAULT ENSEMBLE
Le contrebassiste montréalais Normand Guilbeault n'a pas pris
l'enregistrement de son premier disque à la légère.
En effet, son ensemble fonctionne et répète depuis maintenant
six ans. Consécration supplémentaire, il a été lauréat
du dernier concours du Festival international de Jazz de Montréal.Dualismus
est une oeuvre mûrie, réfléchie, bien sentie. À l'inverse
des choix restrictifs de certains, Guilbeault affirme que sa
carrière
de musicien de jazz "se
fait dans le sens d'une réconciliation entre ses deux grands courants,
ceux de la tradition et de l'avant-garde".
Il assume ainsi sa tendance conservatrice et ses envies de progressisme musical. Il tente une synthèse de l'esprit des grands contrebassistes en rapellant tout particulièrement Charlie Mingus. On retrouve dans cet ensemble quelque chose de la révolte contenue de ce dernier, non seulement dans sa composition "Tonight at Noon", mais dans les originaux du leader (1 à 5 & 7).
Belle écriture- ce bref accelerando dans le thème de "The
Wampum Song"- qui préserve néanmoins toujours la spontanéité
aux interprétations. Piano, saxophone et guitare sont pour une
fois ignorés pour célébrer
le retour à l'avant-plan de la clarinette, qui se fait également
basse. Avec la contrebasse, Bélanger fournit une pédale
contenue, alors que les deux cuivres élaborent en commun le thème
par bribes. La batterie est très présente, et le trompetiste
joue sous tension permanente, parfois à l'arraché, toujours
avec une sonorité acérée.
Ouellet reste assez traditionnel dans la texture de son trombone.
Quant au leader, à
l'archet ou en pizzicato, il se dévoile intégralement dans
son solo absolu (My One and Only Love). Aux antipodes de la mollesse,
Dualismus se joue constamment sur un arc tendu.
B.L.
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